Palace Girl

Plusieurs courants artistiques et esthétiques m’inspirent, et s’il y a des époques que j’aimerais revivre le temps d’une soirée, ce serait bien celles de la Belle Epoque, des années 20, des années 50 et les années fin 70 début 80 au Palace, et tout ce chic disco glamour qui dégoulinait du dancefloor. Il y avait une liberté vestimentaire, et une masse interlope et populaire et aristo improbablement mixée dans cet édifice de la fête.

DISCO GLAMOUR.png
(cliquer pour accéder au tableau Pinterest)

Ce petit reportage ina peut en attester… There was no place like the Palace…

Ce n’est pas juste le règne des sequins et des talons compensés, il y avait un véritable goût de la fête, de l’apparat, tel qu’on pouvait le retrouver au temps de la Cour : des corbeilles à la scène, tout était fait pour VOIR et être VU. Certaines nuits étaient épiques comme celle consacrée au thème de Venise. Ce qui est fascinant avec le Palace, c’est aussi tout le mouvement de liberté auquel il est corrélé : avec l’avènement de Mitterand en 81, on signe enfin l’arrêt de la peine de mort, mais aussi et surtout les premiers droits des homosexuels (non plus vus comme hors la loi !), augmentation du smic, semaine à 39 heures, régularisation des étrangers en situation irrégulière, et d’un point de vue culturel : première fête de la musique instaurée par Jack Lang, autorisation des radios locales privées… Et cette masse de fêtards venant de tous horizons pour célébrer la vie au Palace n’était clairement pas étrangère à ce changement. Fabrice Emaer (le fondateur du lieu) enjoint les gens à voter Mitterand à la fin d’une soirée…

Le Palace, c’est aussi l’art de l’inversion, au sens si baktinien du terme. Lorsque Jenny Bel’Air, imposante black travestie, physionomiste du Palace, se fait transporter telle une reine dans une gondole par des esclaves blancs en petite tenue, on est aussi dans le message politique. Le carnavalesque permet le fascinant renversement des valeurs et des hiérarchies : le populaire devient aristo, le raffiné devient grossier, le profane devient sacré (avec des thèmes comme Les sept péchés capitaux…), l’homme devient femme… Le grotesque et le rire viennent détruire le semblant de prétentions, de conditions sociales, de castes.

(photos de Philippe Morillon et Guy Marineau où on peut voir Karl Lagerfeld, Grace Jones, Eva Ionesco, Prince, Andy Warhol, Mick Jagger…)

En 83, Fabrice Emaer meurt, et c’est vraisemblablement le déclin du fameux théâtre… Avec l’épidémie du SIDA, des habitués désormais infectés par le virus cessent brutalement de venir, le Palace et ses fêtes de folie ne permettent pas de renflouer les caisses… c’est le début de la dégringolade. Le théâtre / boite fermera ses portes dans les 90s.

Avec ces photos ambiancées par la lampe vagues violettes, j’ai voulu recréer l’atmosphère disco sur le tard des 80s, les expérimentations visuelles du Palace, l’ambiance glitters et légèrement décalée. Les photos ont été prises au portable et rectifiées sur lightroom (surtout pour éclairer le visage) dans le cadre du concours proposé par Asha Raval, géniale créatrice visuelle et designer qui nous enjoint pour cet événement à n’utiliser que notre portable, trépied, timer ou télécommande, power poses et tenues au wow factor. Asha prend ses photos seule à l’iphone, et le résultat est assez spectaculaire je trouve ! (son insta ici)

mdedavnormde
Bonus « Tu me kiffes mais t’assumes pas »
dav

Tenue 
Robe de soirée, Hellbunny
Perfecto gold snake, Missguided
Béret rouge, Laulhère
Sac Call me, Amazon

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